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Col de la Croix du Bonhomme : longue montée, refuge d’altitude et passage clé du TMB

Léa Bonnet 9 min de lecture
Sentier menant au col de la croix du bonhomme enneigé, randonnée

Le col de la Croix du Bonhomme attire les randonneurs du Tour du Mont-Blanc et ceux qui cherchent une vraie ambiance de haute montagne sans entrer dans l’alpinisme. À environ 2 479 mètres d’altitude, ce passage relie le secteur des Contamines-Montjoie et de Notre-Dame-de-la-Gorge à la vallée des Chapieux, avec une montée longue, minérale et parfois exposée au vent. Ce n’est ni un col routier ni une simple vue panoramique. C’est une étape à préparer avec sérieux.

Où se situe vraiment le col de la Croix du Bonhomme ?

Le col de la Croix du Bonhomme se trouve dans les Alpes du Nord, sur un itinéraire très fréquenté par les randonneurs au long cours. Il marque le passage entre le Val Montjoie, côté Haute-Savoie, et le secteur des Chapieux, en Savoie. On l’associe souvent au Tour du Mont-Blanc, mais il appartient aussi à des itinéraires de grande randonnée comme le GR5.

Le col de la Croix du Bonhomme en haute montagne, sentier de randonnée et crêtes alpines
Le col de la Croix du Bonhomme en haute montagne, sentier de randonnée et crêtes alpines

Un col souvent confondu avec le col du Bonhomme

La confusion est fréquente, car le col du Bonhomme et le col de la Croix du Bonhomme ne désignent pas exactement le même point. En venant de Notre-Dame-de-la-Gorge, on atteint d’abord le col du Bonhomme, situé plus bas, puis on poursuit vers le col de la Croix du Bonhomme. Cette seconde partie est courte sur la carte, mais elle peut sembler longue sur le terrain, surtout après plusieurs heures de montée.

Il existe aussi un col du Bonhomme dans les Vosges, accessible par la route, ce qui ajoute à l’ambiguïté dans les recherches. Ici, il s’agit bien du passage alpin situé sur le Tour du Mont-Blanc, dans un environnement de randonnée de montagne.

Un passage entre alpages, pierriers et haute montagne

L’intérêt du lieu tient à une progression très lisible. On quitte les hameaux, on traverse les alpages, puis le terrain devient plus rocheux et plus ouvert. Le regard porte vers les crêtes, les névés résiduels selon la saison, et les grands reliefs du Beaufortain et du massif du Mont-Blanc. La montée donne une sensation nette de changement d’ambiance, sans nécessiter de matériel d’alpinisme lorsque les conditions sont estivales et stables.

Les principaux itinéraires pour atteindre le col

La plupart des randonneurs rejoignent le col de la Croix du Bonhomme depuis Notre-Dame-de-la-Gorge ou depuis Les Chapieux. Ces deux accès n’ont pas le même caractère. L’un impose une longue montée régulière, l’autre sert souvent de descente ou d’étape de liaison selon le sens du Tour du Mont-Blanc.

Localisation du col de la Croix du Bonhomme

Depuis Notre-Dame-de-la-Gorge : la grande montée classique

Au départ de Notre-Dame-de-la-Gorge, près des Contamines-Montjoie, l’itinéraire est l’un des grands classiques du secteur. Il suit d’abord une voie historique raide par endroits, passe par des chalets d’alpage, puis gagne progressivement en altitude jusqu’au col du Bonhomme. La suite vers la Croix du Bonhomme demande encore de l’attention, car la fatigue commence souvent à se faire sentir.

Cette option convient aux marcheurs entraînés, capables d’enchaîner un dénivelé conséquent. Le terrain reste généralement bien marqué en saison, mais la longueur de l’étape ne doit pas être sous-estimée. Par temps chaud, la gestion de l’eau devient importante. Par temps instable, l’exposition au vent et aux orages rend le passage nettement moins confortable.

Depuis Les Chapieux : une approche plus sauvage en apparence

Depuis Les Chapieux, le col se rejoint dans un environnement plus ouvert, avec une ambiance pastorale marquée. Selon le sens de parcours, cette portion peut être vécue comme une montée soutenue ou comme une longue descente après le passage au refuge de la Croix du Bonhomme. Dans les deux cas, les genoux et les chevilles travaillent. Le terrain de montagne n’est pas toujours régulier, et les portions caillouteuses demandent de rester concentré.

Les Chapieux constituent un point d’étape apprécié, notamment pour les randonneurs du Tour du Mont-Blanc. On y trouve une atmosphère de bout de vallée, propice à une pause avant de rejoindre la suite de l’itinéraire vers la Ville des Glaciers ou le col de la Seigne.

Le refuge de la Croix du Bonhomme comme repère stratégique

Le refuge de la Croix du Bonhomme, situé à proximité du col, est un repère pratique pour organiser l’étape. Il permet de couper une longue journée, de dormir en altitude ou simplement de faire une pause selon l’itinéraire choisi. En pleine saison, il est prudent de réserver, car le passage est très fréquenté par les randonneurs itinérants.

Son intérêt n’est pas seulement logistique. Arriver au refuge permet aussi de prendre la mesure du lieu : le paysage s’ouvre, la lumière change vite, et le vent rappelle que l’on n’est plus dans une simple randonnée de fond de vallée.

Difficulté, météo et équipement : ce qui change tout

Le col de la Croix du Bonhomme n’est pas technique dans de bonnes conditions estivales, mais il exige une vraie condition physique. La difficulté vient surtout de la durée, du dénivelé, de l’altitude et de la météo. Beaucoup de mauvaises expériences commencent de la même façon : départ trop léger, trop tard ou avec une estimation trop optimiste du rythme.

Une randonnée longue plus qu’un passage dangereux

Pour un marcheur habitué, le parcours ne présente pas de difficulté majeure par temps sec et sentier dégagé. Pour un randonneur occasionnel, l’enchaînement peut devenir éprouvant. La montée depuis Notre-Dame-de-la-Gorge, notamment, demande de tenir l’effort sur plusieurs heures. Les bâtons de marche sont utiles, autant pour économiser les jambes à la montée que pour stabiliser la descente.

Les passages pierreux invitent à porter de vraies chaussures de randonnée, avec une semelle adhérente. Les chaussures trop souples ou urbaines augmentent le risque de glissade, surtout si le sol est humide ou si des névés tardifs subsistent.

La météo de col : rapide, froide, parfois trompeuse

À près de 2 500 mètres, les conditions changent vite. Un départ sous le soleil ne garantit pas une arrivée dégagée au col. Le brouillard peut réduire la visibilité, le vent peut rendre la pause inconfortable, et l’orage est un risque sérieux en montagne. Consulter la météo locale avant de partir n’est pas une formalité, c’est une condition de sécurité.

Un vêtement chaud, une couche imperméable, des gants légers selon la saison, de l’eau et de quoi manger doivent faire partie du sac. Même en été, l’écart de sensation entre la vallée et le col peut être net. Le bon équipement ne sert pas seulement en cas de problème. Il permet aussi de profiter du passage sans subir le froid ou la fatigue.

Le col rassemble au même endroit les marcheurs, les vents venus des vallées, les traces pastorales et les ruptures de relief. Cette lecture simple du terrain aide à mieux gérer la randonnée. On ne traverse pas seulement une ligne sur une carte. On entre dans une zone où le corps change de rythme, où l’orientation devient plus sensible, où la lumière et la roche donnent des indices sur la suite. Cette attention au terrain rend la marche plus sûre : on repère plus tôt une dégradation météo, une fatigue inhabituelle ou un groupe qui ralentit.

Quand y aller et comment organiser son étape ?

La meilleure période dépend fortement de l’enneigement, qui varie d’une année à l’autre. En règle générale, la randonnée se pratique surtout en saison estivale, lorsque les sentiers sont dégagés et les refuges ouverts. Au début de l’été, des névés peuvent encore compliquer certains passages. À l’automne, les journées raccourcissent et les températures baissent vite.

Partir tôt pour garder une marge

Un départ matinal est souvent le meilleur choix. Il permet de monter à la fraîche, d’éviter une arrivée tardive au col et de conserver une marge en cas de pause prolongée, de baisse de rythme ou de météo incertaine. Sur un itinéraire aussi fréquenté, partir tôt offre aussi une expérience plus agréable, avec moins de monde sur les portions clés.

Il faut raisonner en temps réel plutôt qu’en distance. Quelques kilomètres en montagne peuvent demander beaucoup plus d’énergie que prévu si le sac est lourd, si le sentier est humide ou si l’altitude se fait sentir. Prévoir une étape adaptée à son niveau reste plus intelligent que vouloir cocher un itinéraire ambitieux à tout prix.

Réserver, vérifier, alléger intelligemment

Si vous prévoyez de dormir en refuge ou dans un hébergement d’étape, la réservation est vivement conseillée en période de forte fréquentation. Il est également utile de vérifier l’ouverture des refuges, l’état des sentiers et les éventuels arrêtés locaux avant le départ. Ces informations peuvent modifier le choix de l’itinéraire ou imposer une variante.

Alléger son sac ne signifie pas retirer l’essentiel. Il vaut mieux emporter moins de vêtements de rechange et garder une bonne veste de pluie, une protection solaire, une trousse minimale, une carte ou une trace fiable, et une batterie suffisante pour le téléphone. Le confort vient de l’équilibre : un sac trop lourd fatigue, un sac trop pauvre expose.

Ce qu’il faut retenir avant de passer le col de la Croix du Bonhomme

Le col de la Croix du Bonhomme mérite sa réputation : c’est un passage marqué, esthétique et structurant dans une traversée alpine. Il offre une vraie récompense visuelle, mais seulement si l’on respecte son caractère montagnard. Le confondre avec une promenade accessible sans préparation serait une erreur.

  • Altitude : environ 2 479 mètres, avec des conditions plus fraîches et plus changeantes qu’en vallée.
  • Accès classique : depuis Notre-Dame-de-la-Gorge, via le col du Bonhomme, ou depuis Les Chapieux.
  • Public adapté : randonneurs en bonne condition, habitués aux longues montées et aux terrains caillouteux.
  • Point clé : ne pas sous-estimer la fatigue entre le col du Bonhomme et la Croix du Bonhomme.
  • Équipement conseillé : chaussures de randonnée, vêtements chauds et imperméables, eau, nourriture, protection solaire et moyen d’orientation fiable.

Bien préparé, le passage devient une étape exigeante autour du Mont-Blanc, avec un vrai changement de rythme et de relief. La montée est longue, mais elle donne accès à un col qui marque durablement une randonnée.

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